À quoi sert un bon d'intervention
Le bon d'intervention remplit trois fonctions. Il trace : chaque passage chez un client laisse un historique daté, utile pour un contrat d'entretien comme pour un dépannage isolé. Il prouve : en cas de contestation, il montre ce qui a été fait, quand, par qui, avec la signature du client. Il facture : le temps passé et les fournitures viennent du bon, et non de la mémoire du technicien.
Beaucoup d'entreprises le font encore au stylo, sur un carnet à souches. Le carnet revient au bureau le vendredi, il faut le relire, retrouver les fournitures, recopier le temps passé dans une facture, rappeler le client si une ligne est illisible. Le bon rempli sur le téléphone supprime cette boucle.
Les mentions utiles
Aucun formulaire unique n'est imposé, mais certaines mentions rendent le bon utile et solide.
- L'identité du client et l'adresse d'intervention, avec un contact.
- La date, l'heure d'arrivée et de départ, et le nom de l'intervenant.
- La référence : numéro séquentiel, et le contrat ou le devis auquel l'intervention se rattache.
- Les travaux réalisés, décrits simplement, ligne par ligne.
- Les fournitures et pièces posées, avec leur quantité.
- Le temps passé, en heures, éventuellement distinct entre déplacement et main-d'œuvre.
- Les photos avant et après.
- Les observations et les recommandations, comme un équipement à surveiller ou un défaut découvert hors du périmètre.
- La signature du client, avec son nom lisible et la date.
Le modèle à copier
| Rubrique | Contenu | Exemple |
|---|---|---|
| Référence | Numéro, date, heure | BI-2026-0001, 12 mars, 9 h à 10 h 30 |
| Client | Nom, adresse, contact | M. [nom], [adresse], [téléphone] |
| Rattachement | Devis, contrat ou demande | Dépannage, demande du 12 mars |
| Travaux | Ce qui a été fait | Remplacement du différentiel du tableau |
| Fournitures | Pièces et quantités | 1 interrupteur différentiel 40 A |
| Temps | Durée | Main-d'œuvre : 1 h 30 |
| Photos | Avant, après | 4 photos |
| Observations | Points à signaler | Tableau ancien, remplacement complet conseillé |
| Signature | Nom, date | Signé par M. [nom], le 12 mars |
Un exemple rempli
Intervention de dépannage chez un particulier, à titre d'illustration.
- Bon n° BI-2026-0001, 12 mars, de 9 h à 10 h 30, intervenant : [prénom nom].
- Client : M. [nom], [adresse]. Motif : le différentiel saute depuis la veille.
- Travaux : recherche de la panne, identification d'un circuit défaillant sur la cuisine, remplacement de l'interrupteur différentiel, essais.
- Fournitures : 1 interrupteur différentiel 40 A.
- Temps : 1 h 30 de main-d'œuvre.
- Observations : le tableau est ancien ; un remplacement complet est conseillé, un devis est proposé séparément.
- Photos : 2 avant, 2 après.
- Signature : M. [nom], le 12 mars, à 10 h 35.
Ce bon contient tout ce qu'il faut pour établir la facture : le temps, la fourniture, la date et la preuve que le client a validé.
Faire signer sur place
La signature est le moment où le bon prend sa valeur. Quelques usages l'aident.
- Relire à voix haute ce qui est écrit, pour que le client confirme avant de signer.
- Demander le nom lisible du signataire, qui peut être un locataire, un gardien ou un mandataire : indiquez sa qualité.
- Proposer la copie tout de suite, par e-mail ou dans son espace.
- Figer le contenu à la signature : plus de modification ensuite.
- Prévoir le cas du client absent : mention explicite, photos, envoi dans la journée avec un délai d'observation.
- Ne pas faire signer un prix qui n'a pas été annoncé : le prix se discute avant, le bon constate.
La fiche de passage d'un contrat récurrent
Pour un contrat d'entretien, de nettoyage ou de maintenance, le bon prend la forme d'une fiche de passage. Elle suit les mêmes principes, avec quelques ajouts propres à la récurrence : la référence du contrat et du site, la nature du passage prévu (hebdomadaire, mensuel, annuel), la liste des tâches à cocher, les anomalies relevées et la date du prochain passage. Sur vingt sites sous contrat, ce document est ce qui permet de répondre à un client qui conteste : « Le 14, à 18 heures, voici ce qui a été fait, avec ces photos, et la signature du gardien. » Il sert aussi à repérer un passage manqué : si la fiche manque, c'est que le passage n'a pas eu lieu.
Les interventions qui ont leurs propres documents
Certaines interventions sont réglementées : travaux sur un équipement fonctionnant au gaz, sur une installation électrique soumise à contrôle, sur un circuit contenant des fluides frigorigènes. La réglementation impose alors des documents spécifiques, des attestations ou des registres que le bon d'intervention ne remplace pas. Le bon reste utile en complément, comme trace de la visite, mais il ne dispense jamais de remplir le formulaire exigé par la loi pour cette intervention précise. Si votre métier est concerné, listez dans vos procédures les documents réglementaires à produire à côté du bon, pour chaque type d'intervention.
Ce que le bon prouve, et ce qu'il ne prouve pas
Un bon signé prouve qu'une intervention a eu lieu à une date donnée, que les travaux décrits ont été réalisés, que les fournitures listées ont été posées et que le client en a eu connaissance. Il ne prouve pas à lui seul que le travail est exempt de défauts : une réserve apparue plus tard reste possible, dans le cadre des garanties applicables. Il ne vaut pas non plus accord sur un prix qui n'y figure pas. Pour qu'il vous protège vraiment, rédigez-le de manière précise et factuelle : ce qui a été fait, ce qui a été constaté, ce qui reste à faire, et ce qui a été recommandé.
Former les techniciens aux six gestes du bon
Un bon n'est utile que s'il est bien rempli. Six gestes suffisent à une équipe pour l'adopter :
- ouvrir le bon dès l'arrivée, pas à la fin de la journée ;
- photographier avant de toucher à quoi que ce soit ;
- noter les fournitures au fur et à mesure, pas de mémoire ;
- décrire les travaux en phrases simples, sans abréviations internes ;
- relire avec le client avant la signature ;
- envoyer ou déposer la copie avant de quitter le site.
Une réunion de dix minutes au démarrage, puis une revue des premiers bons une semaine plus tard, suffisent à ancrer l'habitude. Les techniciens y gagnent aussi : un bon bien rempli leur évite d'être rappelés pour préciser un détail.
Du bon à la facture
Le gain de temps vient du lien entre le bon et la facture. Le bon signé passe à l'état « à facturer », avec ses lignes (main-d'œuvre, fournitures, déplacement). La facture se prépare à partir de ces données, sans ressaisie : un brouillon que l'on relit, que l'on complète si nécessaire, puis que l'on émet. Pour un client sous contrat, les lignes du bon peuvent s'ajouter à la facture de l'échéance en cours. Sans ce lien, le bon reste un papier de plus ; avec lui, il devient la première étape de la facturation.
Papier ou numérique
| Critère | Carnet à souches | Bon numérique |
|---|---|---|
| Rapidité de saisie | Moyenne, à la main | Rapide, dictée possible |
| Lisibilité | Variable | Constante |
| Photos | Dans le téléphone, séparées | Jointes au bon |
| Signature | Sur papier | À l'écran, avec horodatage |
| Retour au bureau | Carnet à relire | Données déjà disponibles |
| Facturation | Ressaisie | Brouillon prérempli |
| Archivage | Classeur | Dossier du client |
Les erreurs fréquentes
- Un bon sans date, sans heure, sans nom du signataire.
- Des travaux décrits en deux mots : « dépannage fait ».
- Des fournitures oubliées, donc jamais facturées.
- Un temps passé arrondi au hasard.
- Des photos restées dans le téléphone du technicien.
- Un bon modifié après signature.
- Un bon signé par quelqu'un qui n'en a pas le pouvoir.
Check-list avant de partir
- Numéro, date et heures renseignés.
- Travaux décrits ligne par ligne.
- Fournitures et temps notés.
- Photos avant et après jointes.
- Observations et recommandations écrites.
- Nom, qualité et signature du client.
- Copie remise ou envoyée.
Comment Corsala vous aide
Dans Corsala, le bon d'intervention se remplit sur le téléphone, depuis un gros bouton présent sur un passage de contrat, une intervention de service après-vente ou une tâche de chantier. Vous dictez les travaux réalisés avec le micro de Studio Lia, vous choisissez les fournitures dans votre bibliothèque de prix, vous notez le temps passé et vous ajoutez les photos avant et après. « Faire signer » ouvre une feuille en plein écran : le client signe du doigt, son nom, la date, l'adresse IP et le navigateur sont enregistrés, avec une empreinte du contenu signé. Le bon reçoit un numéro séquentiel (« BI- », « FP- » pour une fiche de passage en propreté) et un PDF à votre marque, envoyé par e-mail et déposé dans l'espace du client.
Au bureau, l'intervention est déjà « à facturer » : une facture brouillon reprend les fournitures et la main-d'œuvre, ou les lignes s'ajoutent à l'échéance en cours du contrat. Les limites sont les suivantes : la signature demande du réseau, il n'y a pas de saisie hors connexion ; un bon signé ne se corrige pas, une erreur se reprend par un nouveau bon ou par un avoir ; l'écran et le PDF sont en français. Le bon d'intervention ne remplace pas les formulaires réglementaires propres à certaines interventions. Cette fonction fait partie du module SAV, compris dans Corsala : le CRM est gratuit, seule l'IA se paie au jeton. Les techniciens qui remplissent le bon sur l'application terrain l'utilisent aussi sans rien payer. Vous pouvez ouvrir votre espace gratuit ou demander une démo.