Guide pratique

RGPD données clients :
ce que doit faire une entreprise du bâtiment, de la collecte à la suppression

Mis à jour le Lecture : 10 min

CRM gratuit, seule l'IA se paie au jeton.

Ce que le règlement demande à une entreprise du bâtiment

Le règlement européen sur la protection des données, le RGPD, s'applique à toute organisation qui traite des données sur des personnes, quelle que soit sa taille. Pour une entreprise du bâtiment, cela concerne les clients et les prospects, mais aussi les salariés, les sous-traitants personnes physiques et les personnes que l'on photographie. Les principes à retenir tiennent en sept points.

  1. Une finalité claire : on collecte une donnée pour une raison précise, annoncée.
  2. La minimisation : on ne garde que ce qui est utile à cette raison.
  3. L'information : les personnes savent qui traite leurs données, pourquoi, combien de temps, et comment exercer leurs droits.
  4. La durée limitée : une donnée ne se garde pas indéfiniment.
  5. La sécurité : on protège les données contre la perte et l'accès non autorisé.
  6. Les droits : accès, rectification, effacement, opposition, et réponse dans un délai d'un mois.
  7. La responsabilité : on peut prouver que l'on respecte ces règles.

Cartographier ses données

On ne protège bien que ce que l'on connaît. Une demi-journée suffit à dresser la carte des données de l'entreprise.

DonnéeD'où elle vientPourquoi on la gardeOù elle estQui y accède
Coordonnées d'un prospectFormulaire, appel, recommandationRépondre à la demandeCarnet, boîte e-mail, logicielDirigeant, assistante
Dossier d'un clientDevis signéExécuter le contratLogiciel, dossier partagéÉquipe concernée
FacturesÉmissionObligation comptableLogiciel, comptableDirigeant, comptable
Photos de chantierÉquipePreuve, suiviTéléphone, espace partagéÉquipe, client si publiées
Données des salariésEmbauchePaie, obligations socialesDossier du personnelDirigeant, comptable

Ce tableau est votre embryon de registre des traitements. Il révèle souvent des données qui traînent là où elles ne devraient pas : un fichier de clients sur une clé USB, des photos sur un téléphone personnel.

Informer les clients

Chaque personne dont vous collectez les données doit savoir ce que vous en faites. Une mention d'information courte, intégrée à votre devis, à votre formulaire de contact et à votre site, suffit. Voici un modèle à adapter.

Les données que vous nous communiquez sont utilisées par [entreprise] pour répondre à votre demande, établir votre devis, exécuter votre chantier et assurer le suivi de votre dossier. Elles sont conservées pendant la durée de notre relation, puis pendant les délais légaux. Vous pouvez demander l'accès à vos données, leur rectification ou leur suppression en écrivant à [adresse]. Pour en savoir plus, consultez notre politique de confidentialité ou contactez la CNIL.

Fixer les durées de conservation

Type de donnéeDurée de conservation usuelle
Prospect sans suiteTrois ans à compter du dernier contact
Client pendant la relationDurée du contrat et des garanties qui s'y rattachent
Pièces comptables et facturesEn principe dix ans
Documents de chantier liés aux garantiesDurée des garanties applicables, jusqu'à dix ans pour la décennale
Photos et comptes rendusAussi longtemps que la garantie le justifie
Candidatures non retenuesEn général deux ans au plus après le dernier contact, sauf accord de la personne

Ces durées sont des repères : vérifiez-les auprès de la CNIL et de votre expert-comptable. L'essentiel est d'en fixer pour chaque catégorie et de les appliquer, avec une revue annuelle pour supprimer ce qui n'a plus de raison d'être gardé.

Sur quelle base légale repose chaque traitement

Le règlement veut que chaque usage de données s'appuie sur une base légale, c'est-à-dire une raison qui le rend licite. Pour une entreprise du bâtiment, trois bases reviennent presque toujours : l'exécution d'un contrat, l'obligation légale et l'intérêt légitime. Le consentement ne sert que dans certains cas.

Ce que vous faites des donnéesBase légale la plus courante
Établir un devis demandé par un clientMesures précontractuelles prises à sa demande
Réaliser et facturer le chantierExécution du contrat
Conserver les factures et les pièces comptablesObligation légale
Relancer un devis resté sans réponseEn général l'intérêt légitime, en laissant la possibilité de s'opposer
Envoyer une lettre d'information à des particuliersLe plus souvent le consentement préalable, avec des exceptions pour les clients existants et les services analogues

Pour la prospection par e-mail, les règles diffèrent selon que le destinataire est un particulier ou un professionnel. Consultez les fiches de la CNIL sur la prospection commerciale avant de lancer une campagne : une erreur à cet endroit se paie vite en réclamations.

Répondre aux demandes des personnes

Un client peut demander l'accès à ses données, leur rectification, leur effacement ou s'opposer à leur usage. Vous disposez d'un mois pour répondre. Une procédure simple suffit : un interlocuteur désigné, une adresse de contact, une vérification d'identité si un doute existe, une réponse écrite. Pour un effacement, supprimez ce que vous n'avez plus de raison de garder et conservez, en l'expliquant, ce que la loi vous impose de conserver. Notez chaque demande et la réponse : c'est la preuve que vous respectez le règlement.

Photos de chantier et personnes reconnaissables

Une photo d'intérieur révèle la vie privée d'un client : sa décoration, ses objets, parfois ses proches. Prise pour documenter le chantier, elle sert légitimement le suivi et la preuve. Publiée sur votre site ou vos réseaux sociaux, elle change de nature. En principe, il faut alors l'accord du client, de préférence écrit, qui précise où et pendant combien de temps l'image sera diffusée. Les personnes reconnaissables sur un cliché disposent d'un droit à l'image : cadrez sans visage, ou demandez l'accord de chacun.

Ajoutez une ligne à votre devis ou à votre contrat : « J'autorise l'entreprise à utiliser des photographies du chantier, sans visage ni élément permettant de m'identifier, pour présenter ses réalisations. » Le client peut refuser sans conséquence sur le chantier, et retirer son accord plus tard.

Les salariés et les outils de suivi

Les données de vos salariés relèvent aussi du règlement, avec une vigilance particulière sur les outils de suivi. La géolocalisation d'un véhicule ou d'un téléphone n'est pas libre : elle suppose en principe une finalité précise, une information préalable des personnes et des limites, car un suivi permanent n'est pas admis. Les salariés doivent connaître les outils qui enregistrent leur activité, et leurs représentants, s'ils existent, être consultés. Pour le détail des règles, reportez-vous aux fiches de la CNIL consacrées aux salariés.

Exemple : une semaine pour se mettre en règle

Prenons une entreprise de rénovation de huit personnes, qui n'a jamais formalisé sa démarche. Les durées ci-dessous sont indicatives.

JourActionTemps estiméRésultat
LundiDresser la carte des données3 heuresUn tableau des données, des lieux et des accès
MardiRédiger la mention d'information et l'ajouter aux devis et au site2 heuresUne phrase type, publiée partout
MercrediFixer les durées de conservation et planifier une purge annuelle2 heuresUn tableau de durées, une date de revue
JeudiVerrouiller les appareils, revoir les accès, vérifier les sauvegardes3 heuresDes accès limités, des appareils protégés
VendrediDemander les politiques et contrats des prestataires, noter la procédure de fuite3 heuresUn dossier de preuves, une procédure d'une page

À la fin de la semaine, l'entreprise dispose d'un registre simple, d'un affichage clair et d'une procédure. Elle n'est pas « parfaite » : elle a posé une base documentée, qu'elle améliorera chaque année lors de sa revue.

Sécuriser au quotidien

La sécurité repose sur des gestes simples, appliqués par tous.

  • Verrouiller les appareils : code ou empreinte sur les téléphones et les ordinateurs.
  • Utiliser des mots de passe solides, distincts, idéalement gérés par un gestionnaire.
  • Sauvegarder les données importantes, sur un support séparé.
  • Limiter les accès : chacun voit ce dont il a besoin.
  • Ne pas envoyer de données sensibles par des canaux non protégés.
  • Chiffrer les ordinateurs portables qui contiennent des dossiers clients.
  • Supprimer les accès d'un salarié ou d'un prestataire qui part.

Encadrer ses prestataires

Un logiciel, un hébergeur, un comptable, un service d'envoi d'e-mails traitent des données pour votre compte. Le règlement exige un contrat qui précise ce qu'ils peuvent faire de ces données, la sécurité qu'ils assurent, et le sort des données à la fin de la relation. Demandez à chaque éditeur où les données sont hébergées, quels prestataires l'aident, et si des transferts ont lieu hors de l'Union européenne : ils exigent des garanties, comme les clauses contractuelles types. Une politique de confidentialité claire et un contrat de traitement sont le minimum à attendre.

Cookies et site internet

Si votre site utilise des outils de mesure d'audience ou des cookies publicitaires, la loi demande en principe un consentement préalable, que l'on peut refuser aussi simplement qu'accepter. Un bandeau conforme, une page qui décrit les cookies utilisés, et une politique de confidentialité complètent l'ensemble. Un site qui ne dépose aucun traceur non essentiel se passe de bandeau. Vérifiez les recommandations de la CNIL sur les cookies et traceurs pour le détail.

En cas de fuite : quatre réflexes

  1. Contenir : couper l'accès compromis, changer les mots de passe, bloquer l'appareil perdu.
  2. Évaluer : quelles données, combien de personnes, quel risque pour elles.
  3. Notifier : à la CNIL dans les soixante-douze heures si le risque existe, aux personnes concernées si le risque est élevé.
  4. Documenter : consigner l'incident, ses causes, les mesures prises.

Les erreurs fréquentes

  • Garder indéfiniment les données de prospects sans suite.
  • Ne rien dire aux clients de ce que l'on fait de leurs données.
  • Laisser un fichier clients sur une clé ou un téléphone non verrouillé.
  • Utiliser un outil gratuit grand public pour des données de clients.
  • Ne pas avoir de contrat avec un prestataire qui traite des données.
  • Ignorer une demande d'accès ou d'effacement.

Check-list RGPD d'une entreprise du bâtiment

  • La carte des données est dressée et à jour.
  • Une mention d'information figure sur les devis, le site et les formulaires.
  • Des durées de conservation sont fixées et appliquées.
  • Une procédure répond aux demandes des personnes sous un mois.
  • Les appareils sont verrouillés, les accès limités, les sauvegardes faites.
  • Chaque prestataire a une politique de confidentialité et un contrat.
  • Une procédure de fuite est connue de l'équipe.

Comment Corsala vous aide

Pour les données de vos clients, votre entreprise est responsable du traitement et Corsala agit en tant que sous-traitant, comme l'explique sa politique de confidentialité. Les serveurs et la base sont chez Hetzner, dans l'Union européenne ; chaque entreprise est séparée des autres au niveau de la base de données, qui refuse de montrer une ligne à une autre entreprise. Une sauvegarde chiffrée est faite chaque nuit, conservée plusieurs jours sur le serveur et trente jours chez un second prestataire. Les clés d'intégration sont chiffrées, et l'accès de l'équipe de Corsala est restreint et journalisé. Les fonctions d'IA font appel à des prestataires situés aux États-Unis, hors de l'Union : Anthropic pour l'analyse et la rédaction, sous clauses contractuelles types, et Groq ou OpenAI pour la transcription de la voix, comme le détaille la politique de confidentialité. L'assistant n'utilise que les droits de la personne connectée. Vos données ne sont ni vendues ni utilisées à des fins publicitaires.

Vos clients et vos partenaires entrent par un lien personnel et ne voient que ce que vous leur partagez : cela limite la circulation des documents par e-mail. Corsala ne remplace pas votre registre des traitements ni vos durées de conservation, qui restent à définir. Le CRM est gratuit ; seule l'IA se paie au jeton (0,10 € le jeton). Vous pouvez ouvrir votre espace gratuit ou demander une démo.

Nos clients

Ils pilotent leur activité
avec Corsala

Des entreprises du bâtiment, à Paris comme à Dubaï, qui ont remplacé leurs fichiers, leurs relances et leurs appels perdus par un seul dossier partagé.

HomeRevRénovation haut de gammeParis, Dubaï, Abu Dhabi

Toute l'activité, dans les deux pays, dans un seul outil : la demande arrive du site, le devis est dicté en sortant du rendez-vous, le client le signe depuis un lien, le chantier s'ouvre le jour même et le portail tient le client informé jusqu'à la facture.

Twin CleanersNettoyageDubaï

Des contrats récurrents qui tournent seuls : passages planifiés, bons d'intervention signés sur le téléphone, factures préparées à chaque échéance, plus aucun passage oublié.

Faites la même preuve sur votre propre dossier : le CRM est gratuit, seule l'IA se paie au jeton.

Questions

Questions fréquentes,
réponses directes.

Un artisan est-il concerné par le RGPD ?
Oui, dès qu'il traite des données personnelles : nom, adresse, téléphone, e-mail d'un client ou d'un prospect, photos de personnes, données de salariés. La taille de l'entreprise ne dispense pas du règlement, même si les obligations sont proportionnées. Un artisan seul qui garde un carnet de clients ou une liste de contacts est concerné.
Quelles données peut-on collecter sur un client ?
Celles qui sont nécessaires à l'objectif : l'identité, les coordonnées, l'adresse du chantier, les informations utiles au devis et à la facturation. Évitez les données sans rapport avec le projet et les données sensibles, comme la santé ou les opinions. Le principe de minimisation veut que l'on ne garde que ce dont on a besoin, et que l'on sache pourquoi.
Combien de temps conserver les données d'un client ?
Cela dépend de la nature de la donnée. Les coordonnées d'un prospect se gardent en général trois ans après le dernier contact. Celles d'un client se conservent pendant la relation, puis pendant les délais légaux de prescription. Les pièces comptables, dont les factures, se gardent en principe dix ans. Vérifiez les durées précises auprès de la CNIL.
Faut-il tenir un registre des traitements ?
Le registre est obligatoire à partir de 250 salariés, et pour les autres dès que le traitement n'est pas occasionnel : c'est le cas de la gestion de clients ou de salariés. La CNIL recommande à toute entreprise d'en tenir un, même simple. Il liste les données, leur finalité, leur durée et les personnes qui y accèdent.
Que faire si un client demande l'effacement de ses données ?
Répondez dans un délai d'un mois. Vous supprimez ce que vous n'avez plus de raison de conserver, mais vous gardez ce que la loi vous oblige à garder, comme les factures. Expliquez-le au client par écrit, en précisant les données conservées, pourquoi et pour combien de temps, ainsi que celles qui ont été supprimées.
Que faire en cas de perte ou de fuite de données ?
Évaluez le risque pour les personnes. S'il existe, notifiez la CNIL dans les soixante-douze heures après en avoir pris connaissance, et informez les personnes concernées si le risque est élevé. Documentez l'incident, ses causes et les mesures prises, même lorsque vous ne notifiez pas. Un téléphone volé non verrouillé, contenant les dossiers clients, est un exemple.

Une autre question ? Posez-la à Lia, l'assistante de Corsala, ou demandez une démo.

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