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Loi MOP : les missions de base de maîtrise d'œuvre, à qui elles s'imposent et comment s'en servir avec un client privé

Mis à jour le Lecture : 8 min

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Ce qu'est la loi MOP

La loi du 12 juillet 1985, que l'on appelle loi MOP, a un objectif simple : organiser la relation entre celui qui commande un ouvrage public et les équipes privées de conception qui le dessinent et en suivent la réalisation. Elle définit le rôle du maître d'ouvrage, qui décide, finance et reste responsable de l'opération. Elle définit celui du maître d'œuvre, qui apporte une réponse architecturale, technique et économique au programme. Et elle encadre la mission que le premier confie au second.

Ses dispositions ont depuis été reprises dans le code de la commande publique, avec des textes d'application qui précisent le contenu de chaque mission. Pour les détails à jour, la référence reste Légifrance et le site de l'administration.

À qui elle s'impose, et à qui elle ne s'impose pas

La loi MOP concerne les maîtres d'ouvrage publics : l'État, les collectivités territoriales, les établissements publics et certains organismes qui leur sont assimilés, lorsqu'ils font construire un ouvrage. Un client privé n'y est pas soumis. Un particulier qui rénove son appartement, un promoteur, une société qui aménage ses bureaux traitent avec leur maître d'œuvre en toute liberté contractuelle.

Cela n'empêche pas son vocabulaire de s'être répandu. Les sigles ESQ, APS, APD, PRO, ACT, DET et AOR font partie du langage commun des architectes, des entreprises et des clients, et la plupart des contrats privés s'y réfèrent, avec des variantes. Savoir ce que la loi dit permet de savoir ce que l'on reprend, et ce que l'on adapte.

Les missions de base pour un ouvrage de bâtiment

MissionSigleEn une phrase
Études d'esquisseESQProposer une première solution d'ensemble répondant au programme
Avant-projet sommaireAPSArrêter l'implantation, le parti architectural, les surfaces, une estimation provisoire
Avant-projet définitifAPDArrêter le projet : plans, matériaux, coût prévisionnel
Études de projetPROPréciser le projet, jusqu'aux détails et pièces écrites
Assistance pour la passation des contrats de travauxACTAider le maître d'ouvrage à choisir les entreprises et à signer les marchés
Visa des études d'exécution, ou études d'exécutionVISA ou EXEContrôler les plans faits par les entreprises, ou les faire soi-même
Direction de l'exécution des travauxDETSuivre le chantier, contrôler sa conformité, valider les situations
Assistance aux opérations de réceptionAORAccompagner la réception et la levée des réserves

Ce tableau résume les missions de base d'un ouvrage de bâtiment. Le contenu précis de chacune se trouve dans les textes d'application, et varie pour les ouvrages d'infrastructure.

Les pièces d'un marché public de maîtrise d'œuvre

Un marché public de maîtrise d'œuvre repose sur un ensemble de pièces : l'acte d'engagement, qui contient l'offre et le prix ; le cahier des clauses administratives particulières, qui précise les règles propres au marché ; le programme de l'opération, qui dit ce que le maître d'ouvrage attend ; et, selon les cas, un cahier des clauses administratives générales dont certains sont propres à la maîtrise d'œuvre. Le cabinet qui répond lit ces pièces dans l'ordre de priorité qu'elles fixent : en cas de contradiction, la pièce la plus haute l'emporte. Lisez-les jusqu'au bout, car les pénalités, les délais de validation et les conditions de paiement s'y trouvent, et non dans le programme.

Pourquoi un cabinet privé gagne à connaître la loi MOP

Même si la plupart de vos clients sont des particuliers ou des entreprises, trois raisons de connaître la loi. D'abord, une collectivité, un bailleur social ou un établissement public peut un jour vous consulter, et ses documents emploient ce vocabulaire. Ensuite, les entreprises et les bureaux d'études avec lesquels vous travaillez le connaissent : parler la même langue facilite l'échange. Enfin, ses missions de base fournissent un modèle de contrat déjà éprouvé, que vous pouvez simplifier plutôt que d'inventer. Un cabinet qui connaît le cadre public se présente avec plus de crédibilité devant tout client qui y fait référence.

Répondre quand un client cite la loi MOP

Un client privé qui lit un guide en ligne peut demander « une mission loi MOP ». Reprenez la demande en trois temps. Demandez ce qu'il attend vraiment : un suivi complet, un conseil ponctuel, un dossier pour obtenir un financement. Expliquez la différence avec la commande publique : la loi s'impose aux acheteurs publics, pas à lui, et sa mission s'adapte. Proposez alors une mission calquée sur les phases usuelles, avec les missions complémentaires utiles et un échéancier lié aux validations. Vous répondez à son besoin sans lui laisser croire que des règles de marché public s'appliquent à son contrat.

Les missions complémentaires

Au-delà du socle, le maître d'ouvrage peut confier des missions complémentaires : l'ordonnancement, le pilotage et la coordination des entreprises, la synthèse des études techniques, le diagnostic ou le relevé de l'existant, les études de faisabilité. Elles se chiffrent à part, avec leur propre rémunération, et se nomment dans le contrat. Dans un marché privé, la même logique vaut : toute prestation qui ne figure pas explicitement dans le contrat risque d'être discutée au moment de la facturer.

La rémunération dans un marché public

Dans un marché public de maîtrise d'œuvre, la rémunération prend en principe la forme d'un forfait fixé au contrat. Le forfait est lié à un coût prévisionnel des travaux, sur lequel l'équipe de maîtrise d'œuvre s'engage, assorti d'un seuil de tolérance : si le coût réel s'écarte du coût prévisionnel au-delà de ce seuil, des conséquences sur la rémunération sont prévues. Ces mécanismes, avec leurs modalités de calcul et de révision, figurent dans le contrat et dans les textes applicables. Ils diffèrent de la pratique privée, où un pourcentage du montant des travaux, avec une actualisation convenue, reste très répandu.

Ce que la loi MOP ne dit pas pour un client privé

Elle ne fixe pas la répartition de la rémunération entre les phases. Elle n'impose pas de taux d'honoraires. Elle ne dit pas comment actualiser une assiette de travaux dans un marché privé. Elle ne règle ni les clauses de propriété intellectuelle, ni les conditions de résiliation d'un contrat privé. Pour tout cela, c'est le contrat et le droit commun qui s'appliquent. Reprendre le vocabulaire de la loi MOP donne un cadre commun, mais n'en importe ni les obligations ni les protections : il faut les écrire.

S'en servir pour sa proposition d'honoraires

Un cabinet qui travaille pour des clients privés gagne à partir de ce cadre. Calquer les phases sur les missions de base fournit un plan que les entreprises et les clients reconnaissent. Nommer les missions complémentaires évite qu'on les croie incluses. Prévoir un visa des études d'exécution, ou leur réalisation, clarifie qui dessine les plans d'exécution. Préciser la répartition des honoraires par phase, avec une base chiffrée, remplace le forfait global opaque. Et ajouter ce que la loi ne contient pas, comme l'actualisation de l'assiette et les clauses de modification du programme, donne au contrat privé la solidité qui lui manque.

Un tableau pour se repérer entre public et privé

SujetMaîtrise d'ouvrage publiqueClient privé
CadreLoi MOP et code de la commande publiqueLiberté contractuelle
MissionsMissions de base définies par les textesÀ définir au contrat
RémunérationForfait lié à un coût prévisionnelPourcentage, forfait ou temps passé
Mise en concurrenceProcédures encadréesLibre
RéceptionProcédure propre aux marchés publicsContrat et Code civil
PaiementDélais et intérêts encadrésDélais du contrat et du Code de commerce

Les erreurs fréquentes

  • Croire que la loi MOP impose ses phases à un client privé.
  • Reprendre les sigles sans les définir dans le contrat.
  • Oublier de dire qui fait les études d'exécution : cabinet ou entreprises.
  • Négliger les missions complémentaires, supposées incluses.
  • Importer un forfait de marché public sans son seuil de tolérance.
  • Ne pas actualiser l'assiette de travaux dans un contrat privé.

Comment Corsala vous aide

Dans l'espace cabinet de Corsala, la mission suit les phases d'usage issues de ce cadre : esquisse, avant-projet sommaire, avant-projet définitif, permis ou déclaration préalable, projet, consultation des entreprises, assistance aux contrats, direction des travaux, réception. La proposition d'honoraires préremplit la répartition entre phases selon la répartition usuelle, que vous modifiez, avec des forfaits hors phase pour les missions complémentaires comme le relevé de l'existant, l'ordonnancement ou une réunion supplémentaire.

Corsala ne se substitue ni aux textes ni à un conseil juridique : il n'applique pas automatiquement les règles des marchés publics. Pour un client privé, c'est un outil de proposition, de suivi et de validation. L'espace cabinet est compris dans Corsala, gratuit pour toute l'équipe du cabinet ; seule l'IA se paie au jeton (0,10 € le jeton). Vous pouvez ouvrir votre espace gratuit ou demander une démo.

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Questions

Questions fréquentes,
réponses directes.

Qu'est-ce que la loi MOP ?
C'est la loi du 12 juillet 1985 qui régit la commande publique d'ouvrages et ses liens avec les équipes de conception privées. Elle précise le rôle du maître d'ouvrage public, la mission de maîtrise d'œuvre et les relations entre les deux. Ses dispositions ont depuis été reprises dans le code de la commande publique : vérifiez le texte en vigueur sur Légifrance.
La loi MOP s'applique-t-elle à un client privé ?
Non, elle s'impose aux maîtres d'ouvrage publics. Un client privé n'y est pas soumis, et le contrat de maîtrise d'œuvre privé est libre. Dans la pratique, beaucoup de contrats privés reprennent le découpage en phases de la loi MOP, parce que son vocabulaire est connu de tous les intervenants du bâtiment.
Quelles sont les missions de base de la loi MOP ?
Pour les ouvrages de bâtiment : les études d'esquisse, l'avant-projet sommaire, l'avant-projet définitif, les études de projet, l'assistance pour la passation des contrats de travaux, le visa des études d'exécution ou leur réalisation, la direction de l'exécution des travaux et l'assistance aux opérations de réception. Les textes en précisent le contenu.
Que sont le VISA et les études d'exécution ?
Les études d'exécution détaillent les plans de réalisation. Soit elles sont confiées à la maîtrise d'œuvre, soit elles sont faites par les entreprises, auquel cas la maîtrise d'œuvre les vise : elle vérifie leur conformité au projet. Le contrat dit lequel des deux schémas s'applique, et la rémunération en tient compte.
Comment le maître d'œuvre est-il rémunéré dans un marché public ?
En principe, par une rémunération forfaitaire fixée au contrat, liée à un coût prévisionnel des travaux sur lequel l'équipe s'engage, avec un seuil de tolérance. Ces notions, comme leurs modalités de révision, se vérifient dans le contrat et dans les textes applicables. Elles diffèrent de la pratique privée, où le pourcentage du coût des travaux reste fréquent.
Quelle différence entre missions de base et missions complémentaires ?
Les missions de base forment le socle de la maîtrise d'œuvre : conception, consultation, suivi et réception. Les missions complémentaires s'y ajoutent selon les besoins, comme l'ordonnancement, le pilotage et la coordination des entreprises, la synthèse des études ou le relevé de l'existant. Elles se chiffrent à part et se nomment dans le contrat.

Une autre question ? Posez-la à Lia, l'assistante de Corsala, ou demandez une démo.

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