Guide pratique

Phases de mission d'architecte :
de l'esquisse à la réception, ce que contient chaque étape et ce qu'elle doit produire

Mis à jour le Lecture : 8 min

CRM gratuit, seule l'IA se paie au jeton.

Pourquoi découper une mission en phases

Une mission de maîtrise d'œuvre dure des mois, parfois des années. La découper en phases poursuit trois objectifs. Valider : à chaque étape, le client approuve ce qui a été produit avant que l'on construise dessus. Facturer : chaque phase achevée correspond à une part de la rémunération. Maîtriser : on sait où l'on en est, ce qui reste et ce qui coûte du temps. Sans phases, le projet avance en continu, les choix se défont, et le client découvre au chantier ce qu'il n'avait pas vraiment décidé.

Le découpage s'inspire du cadre de la loi du 12 juillet 1985 sur la maîtrise d'ouvrage publique, qui définit des missions de base de maîtrise d'œuvre. Pour un client privé, rien n'est imposé, mais les mêmes noms et la même logique sont devenus un langage commun du métier.

Les neuf phases en un tableau

CodePhaseObjetLivrables courants
ESQEsquissePremières intentions : implantation, volumes, enveloppe budgétaireEsquisse, note d'intention
APSAvant-projet sommairePlans de principe, surfaces, premier calendrier, estimation provisoirePlans, coupes de principe, estimation
APDAvant-projet définitifLe projet arrêté : plans définitifs, matériaux, coût prévisionnelPlans, façades, notice descriptive
PC ou DPPermis ou déclaration préalableDossier d'autorisation d'urbanisme, dépôt, instructionDossier d'urbanisme, récépissé
PROProjetPlans d'exécution de principe, détails, pièces écritesPlans, détails, CCTP, planning prévisionnel
DCEConsultation des entreprisesDossier remis aux entreprisesPièces écrites, plans, cadre de DPGF
ACTAssistance aux contrats de travauxAnalyse des offres, mise au point, attributionRapport d'analyse, marchés
DETDirection de l'exécution des travauxLe chantier : suivi, visas, situations, avenantsComptes rendus, visas, situations validées
AORAssistance aux opérations de réceptionRéception, levée des réserves, dossier des ouvragesProcès-verbal, liste de réserves, DOE

Le permis n'existe que si le projet l'exige : une rénovation intérieure sans modification de façade n'a pas de phase d'urbanisme.

Phase par phase : ce qui se joue

ESQ, l'esquisse. On traduit le programme en premières images : où est quoi, quels volumes, quelle enveloppe. Le client choisit une direction. Le risque : une esquisse trop avancée avant l'accord sur le budget. La validation porte sur l'intention, pas sur les détails.

APS, l'avant-projet sommaire. Les plans de principe prennent forme, avec surfaces et premier calendrier. Une estimation provisoire donne un ordre de grandeur. On y vérifie que le projet tient dans l'enveloppe. Le risque : laisser le client discuter des finitions alors que l'organisation générale n'est pas arrêtée.

APD, l'avant-projet définitif. Le projet est arrêté : plans définitifs, matériaux, coût prévisionnel. C'est la phase où les choix se figent et où les modifications deviennent coûteuses. Le risque : accepter des changements après validation sans les facturer.

PC ou DP, l'autorisation d'urbanisme. Constitution du dossier, dépôt en mairie, réponses aux demandes de pièces. Les délais d'instruction échappent au cabinet : il faut les annoncer au client comme des délais extérieurs.

PRO, le projet. Les plans d'exécution de principe et les détails sont dessinés, les pièces écrites rédigées. Cette phase prépare la consultation : tout ce qui est flou ici devient avenant plus tard.

DCE, la consultation. Le dossier remis aux entreprises rassemble les pièces écrites, les plans et le cadre de chiffrage. L'enjeu est l'égalité des entreprises devant l'information.

ACT, l'assistance aux contrats. Les offres sont analysées à périmètre égal, les marchés mis au point, l'attribution proposée. C'est le moment où le budget du client se confronte au marché.

DET, la direction des travaux. La phase la plus longue : réunions, comptes rendus, visas, validation des situations, gestion des avenants. Elle pèse le plus dans la rémunération.

AOR, la réception. Visite de réception, liste des réserves et suivi de leur levée, remise du dossier des ouvrages exécutés. Elle clôt la mission.

Ce que le client doit décider à chaque phase

Une phase avance quand le client prend les décisions qui lui reviennent. Les lister à l'avance évite les attentes silencieuses.

PhaseDécisions attendues du client
ESQValider l'intention, confirmer l'enveloppe budgétaire
APSChoisir l'organisation des espaces, accepter l'estimation provisoire
APDArrêter les plans, choisir les matériaux et les équipements principaux
PC ou DPSigner les pièces du dossier, accepter les délais d'instruction
PROValider les détails et les pièces écrites
DCEAutoriser la consultation et sa date
ACTChoisir les entreprises et signer les marchés
DETDécider des modifications, valider les situations
AORRéceptionner, accepter la levée des réserves

Rénovation intérieure ou construction : quelles phases ?

Toutes les phases ne s'appliquent pas à tous les projets. Une rénovation d'appartement sans modification de façade se passe de permis ; certaines opérations légères fusionnent l'esquisse et l'avant-projet sommaire ; un projet confié à une seule entreprise peut se passer de consultation. À l'inverse, une construction neuve ajoute des études techniques, des échanges avec le contrôleur technique et parfois un coordonnateur de sécurité. Adaptez la liste des phases à l'opération, écrivez-la dans la proposition, et conservez le vocabulaire commun pour que le client reconnaisse sa mission.

Qui intervient à chaque phase

Une mission engage plusieurs acteurs, et la phase dit qui est en première ligne. Le cabinet conçoit et coordonne. Le client décide et valide. Les bureaux d'études techniques interviennent sur la structure, les fluides, la thermique, selon le projet. Les entreprises chiffrent en consultation et réalisent pendant les travaux. Le contrôleur technique, quand il existe, vérifie certains points de solidité et de sécurité. Les organismes d'urbanisme instruisent le permis. Préciser, phase par phase, qui produit quoi et qui valide quoi suffit à éviter une grande partie des malentendus d'un projet.

Les missions complémentaires

À côté des phases, d'autres missions se confient séparément : l'OPC, qui ordonnance, pilote et coordonne les entreprises ; les études d'exécution, ou leur visa lorsque ce sont les entreprises qui les produisent ; la synthèse des études techniques ; le relevé de l'existant ; la maquette ou la 3D. Elles se chiffrent à part, en forfait ou au temps, et se nomment dans la proposition pour ne pas être supposées incluses.

Valider chaque phase, puis facturer

La validation clôt la phase. Idéalement, elle est écrite, datée et rattachée au livrable approuvé : un plan avec son numéro de version, une estimation avec sa date. Le client dit oui ou demande des modifications, avec ses remarques situées sur le plan. Une fois validée, la phase se facture selon l'échéancier. Si le client revient plus tard sur un choix validé, la modification est un supplément. Cette discipline protège le client autant que le cabinet : chacun sait ce qui est acquis.

Un exemple de calendrier de rénovation d'appartement

Voici un déroulé indicatif, à adapter à chaque projet. Les durées sont des ordres de grandeur illustratifs.

PhaseDurée indicativeValidation du client
ESQ2 semainesDirection retenue
APS3 semainesPlans de principe, enveloppe
APD4 semainesPlans définitifs, matériaux
PRO et DCE4 semainesPièces écrites, cadre de chiffrage
ACT3 semainesEntreprises retenues
DET3 à 4 moisSituations, avenants
AOR2 à 4 semainesRéception, levée des réserves

Ces durées ne sont pas des engagements : elles dépendent de la réactivité du client, de la complexité du projet et des délais extérieurs, comme l'instruction d'un permis ou la disponibilité des entreprises. Annoncez-les comme une trajectoire probable, révisez-les à chaque validation de phase, et prévenez le client dès qu'un jalon bouge : un calendrier réajusté tôt vaut mieux qu'une date tenue sur le papier.

Les erreurs fréquentes

  • Passer à la phase suivante sans validation écrite.
  • Modifier un livrable validé sans le facturer.
  • Laisser le client discuter de détails en esquisse.
  • Oublier que le permis, s'il existe, a des délais incompressibles.
  • Ne pas nommer les missions complémentaires, supposées incluses.
  • Ne pas lier l'échéancier aux phases.
  • Découvrir au chantier un flou laissé en projet.

Comment Corsala vous aide

Dans l'espace cabinet de Corsala, une mission suit les neuf phases : esquisse, avant-projet sommaire, avant-projet définitif, permis ou déclaration préalable, projet, consultation des entreprises, assistance aux contrats, direction des travaux et réception. Le kanban Missions montre vos projets en deux zones : avant la signature (contact, rendez-vous ou visite, proposition envoyée, mission signée), puis la phase de chaque projet. La phase se change à tout moment, dans les deux sens, sans rien effacer ; elle structure vos livrables, votre temps et vos honoraires.

Chaque livrable est versionné, envoyé au client, qui le retrouve sur la page « Vos livrables » de son espace, puis validé par un bon pour accord horodaté ou renvoyé avec des remarques épinglées sur le plan. Le temps passé se compare aux honoraires de chaque phase, et l'accueil signale « Phase validée à facturer ». Corsala ne remplace pas vos outils de conception : vous déposez vos exports. L'espace cabinet est compris dans Corsala, gratuit pour toute l'équipe du cabinet ; seule l'IA se paie au jeton, avec 200 jetons offerts à l'ouverture de l'espace. Vous pouvez ouvrir votre espace gratuit ou demander une démo.

Nos clients

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Des entreprises du bâtiment, à Paris comme à Dubaï, qui ont remplacé leurs fichiers, leurs relances et leurs appels perdus par un seul dossier partagé.

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Toute l'activité, dans les deux pays, dans un seul outil : la demande arrive du site, le devis est dicté en sortant du rendez-vous, le client le signe depuis un lien, le chantier s'ouvre le jour même et le portail tient le client informé jusqu'à la facture.

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Des contrats récurrents qui tournent seuls : passages planifiés, bons d'intervention signés sur le téléphone, factures préparées à chaque échéance, plus aucun passage oublié.

Faites la même preuve sur votre propre dossier : le CRM est gratuit, seule l'IA se paie au jeton.

Questions

Questions fréquentes,
réponses directes.

Quelles sont les phases d'une mission de maîtrise d'œuvre ?
Dans l'usage courant : esquisse, avant-projet sommaire, avant-projet définitif, permis ou déclaration préalable lorsqu'il est nécessaire, projet, dossier de consultation des entreprises, assistance aux contrats de travaux, direction de l'exécution des travaux et assistance aux opérations de réception. Toutes ne s'appliquent pas à chaque projet.
Que signifient ESQ, APS, APD, PRO, DCE, ACT, DET et AOR ?
ESQ pour esquisse, APS pour avant-projet sommaire, APD pour avant-projet définitif, PRO pour projet, DCE pour dossier de consultation des entreprises, ACT pour assistance aux contrats de travaux, DET pour direction de l'exécution des travaux et AOR pour assistance aux opérations de réception. S'y ajoutent le permis, PC ou DP, selon le projet.
Le DCE est-il une phase de la loi MOP ?
La loi sur la maîtrise d'ouvrage publique et son décret listent des missions de base, comme l'esquisse, les avant-projets, le projet, l'assistance aux contrats de travaux, la direction des travaux et la réception. Le dossier de consultation des entreprises est rattaché à l'une d'elles selon les contrats. Vérifiez la répartition dans votre contrat et dans les textes.
Faut-il confier toutes les phases à l'architecte ?
Non. Un client peut ne confier que les études, ou une mission de conseil au temps passé. Une rénovation intérieure sans permis n'a pas de phase d'autorisation. Ce qui compte est que la proposition liste les phases confiées et les phases exclues, pour que chacun sache qui fait quoi à chaque étape du projet.
Quand le client doit-il valider ?
À la fin de chaque phase, avant de passer à la suivante. Cette validation, de préférence écrite et datée, fige les choix faits et sécurise la facturation. Sans elle, des modifications arrivent après coup, avec des reprises coûteuses. Un bon pour accord horodaté sur chaque livrable évite les discussions sur ce qui a été approuvé.
À quel moment facturer chaque phase ?
À sa validation, ou selon l'échéancier convenu dans le contrat. Lier les factures aux phases rend la rémunération lisible pour le client et régulière pour le cabinet. Pour la direction des travaux, qui dure, on prévoit en général des mensualités pendant le chantier. Écrivez l'échéancier dans la proposition d'honoraires, avec ses déclencheurs.

Une autre question ? Posez-la à Lia, l'assistante de Corsala, ou demandez une démo.

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