Définition
La maintenance préventive regroupe les interventions menées à des échéances fixées d'avance ou selon des seuils définis, dans le but de diminuer le risque de panne ou d'usure d'un équipement. Son vocabulaire est fixé par la norme européenne de terminologie de la maintenance, EN 13306, que l'on retrouve à l'AFNOR. Elle comprend trois formes :
- la maintenance systématique, déclenchée à échéance fixe, au temps ou à l'usage (changer les filtres d'une climatisation tous les trois mois) ;
- la maintenance conditionnelle, déclenchée par une mesure ou un contrôle qui révèle un seuil (remplacer des plaquettes quand l'usure atteint un niveau) ;
- la maintenance prévisionnelle, fondée sur l'analyse de la dégradation pour prévoir l'intervention.
Elle s'oppose à la maintenance corrective, qui intervient après la panne. Son intérêt est de remplacer des arrêts subis et coûteux par des interventions prévues et courtes. Elle s'organise en général dans un contrat d'entretien, avec un parc d'équipements, un calendrier de passages et des bons d'intervention pour la traçabilité.
Comment choisir la fréquence
On part des préconisations du constructeur et de la réglementation, puis on ajuste selon la criticité de l'équipement (que se passe-t-il s'il tombe en panne ?), son environnement (poussière, humidité, intensité d'usage) et son historique de pannes. Un équipement dont l'arrêt paralyse une activité justifie des passages plus rapprochés qu'un luminaire de couloir.
À ne pas confondre
- Maintenance préventive et entretien courant : l'entretien courant (nettoyage, petits réglages) est une partie de la préventive.
- Maintenance préventive et contrôle réglementaire : le contrôle est imposé par un texte et réalisé par un organisme ou un professionnel habilité.
- Maintenance préventive et maintenance améliorative : celle-ci modifie l'équipement pour le perfectionner, elle ne le maintient pas.
À quoi ça sert
- Réduire les pannes et les arrêts imprévus.
- Prolonger la durée de vie des équipements.
- Lisser les coûts : des interventions programmées plutôt que des urgences.
- Respecter les obligations réglementaires et les conditions de garantie ou d'assurance.
Exemple concret
Plan de maintenance préventive d'un immeuble de bureaux (illustration) :
| Équipement | Opération | Fréquence |
|---|---|---|
| Chaudière | Entretien complet et contrôle de combustion | Annuelle |
| Climatisation, six unités | Nettoyage des filtres, contrôle du circuit | Trimestrielle |
| Extincteurs | Vérification | Annuelle |
| Éclairage de sécurité | Test de fonctionnement | Semestrielle |
| Toiture-terrasse | Nettoyage des évacuations d'eau | Semestrielle |
Chaque passage se matérialise par un bon d'intervention. Quand un contrôle révèle qu'un ventilateur est usé, la maintenance conditionnelle remplace la pièce avant sa rupture, évitant un arrêt en pleine canicule.
Erreurs fréquentes
- Établir un plan qu'on ne suit pas : les passages sautent et personne ne s'en aperçoit.
- Ne pas tracer les interventions : en cas de panne, aucune preuve d'entretien n'existe.
- Faire trop de préventif inutile sur des équipements peu critiques.
- Ignorer les préconisations du constructeur, au risque de perdre la garantie.
- Ne pas mettre à jour l'inventaire des équipements.
- Oublier les contrôles réglementaires dont la fréquence est imposée.
Dans Corsala
Le contrat d'entretien génère ses passages sur huit semaines, avec affectation, compte rendu et photos. Le parc d'équipements du client fait passer un équipement « à planifier » trente jours avant sa date d'entretien. Un passage manqué remonte le matin sur l'accueil. Corsala n'est pas une GMAO complète : voir la GMAO. Voir aussi les contrats d'entretien.