Définition
Le chemin critique est, dans un planning, la suite de tâches qui se succèdent obligatoirement et dont la durée cumulée est la plus longue. Elle fixe la durée minimale du projet. Les tâches qui la composent ont une marge nulle : tout retard sur l'une d'elles décale d'autant la fin du chantier. Les tâches hors du chemin critique ont une marge, c'est-à-dire un retard possible sans conséquence sur la date de fin.
La méthode du chemin critique (CPM, pour critical path method) a été mise au point dans les années 1950 dans l'industrie américaine ; elle est proche de la méthode PERT, développée à la même époque pour des programmes militaires. Elle s'applique à tout projet découpé en tâches liées, dont les chantiers du bâtiment.
Pour le calculer, on parcourt le réseau de tâches dans deux sens. Un parcours aller donne, pour chaque tâche, sa date de début au plus tôt ; un parcours retour donne sa date de fin au plus tard. La différence est la marge totale. Les tâches à marge nulle forment le chemin critique. Il s'affiche sur un diagramme de Gantt équipé de liens de dépendance.
À ne pas confondre
- Chemin critique et tâche urgente : une tâche urgente est pressante pour une raison quelconque ; une tâche critique n'a aucune marge dans le planning.
- Chemin critique et PERT : le PERT est une méthode de réseau fondée sur des durées estimées avec incertitude ; elle en calcule aussi un chemin critique.
- Chemin critique et jalon : un jalon est un repère de durée nulle ; le chemin critique est une chaîne de tâches.
À quoi ça sert
- Savoir où chaque jour compte : on surveille en priorité les tâches critiques.
- Estimer l'effet d'un retard : un retard sur une tâche à marge se résorbe, un retard sur une tâche critique se répercute.
- Arbitrer les moyens : renforcer une équipe n'a de sens que sur le chemin critique.
- Justifier une prolongation : on démontre qu'un événement a décalé la fin du chantier parce qu'il touchait une tâche critique.
Exemple concret
Chantier de rénovation modélisé par sept tâches (illustration, durées en jours ouvrés) :
| Tâche | Durée | Après | Début au plus tôt | Fin au plus tôt | Marge |
|---|---|---|---|---|---|
| A. Démolition | 5 | 0 | 5 | 0 | |
| B. Réseaux | 8 | A | 5 | 13 | 0 |
| C. Cloisons | 6 | A | 5 | 11 | 2 |
| D. Doublages | 4 | B, C | 13 | 17 | 0 |
| E. Carrelage | 7 | D | 17 | 24 | 0 |
| F. Peinture | 5 | E | 24 | 29 | 0 |
| G. Menuiseries | 3 | C | 11 | 14 | 10 |
Le chemin critique est A, B, D, E, F, soit 5 + 8 + 4 + 7 + 5 = 29 jours. Les cloisons peuvent glisser de deux jours sans conséquence, les menuiseries de dix, tant qu'elles sont posées avant la peinture. En revanche, un retard de trois jours sur les réseaux décale la peinture, donc la fin, de trois jours.
Erreurs fréquentes
- Ignorer les marges et traiter toutes les tâches avec la même urgence.
- Ne pas recalculer le chemin critique après un retard : il a pu changer.
- Ajouter une sécurité sur chaque tâche au lieu d'une réserve globale sur le projet.
- Négliger les contraintes de ressources : le chemin critique théorique suppose les équipes disponibles.
- Oublier les délais d'approvisionnement et de séchage, qui forment souvent des tâches critiques.
- Accélérer une tâche non critique pensant raccourcir le chantier.