Définition
Le mémoire technique est la pièce de l'offre dans laquelle une entreprise décrit comment elle compte réaliser les travaux. Il répond aux critères du règlement de consultation : méthode d'exécution, organisation de chantier, personnes et moyens affectés, planning, sécurité, protection de l'environnement, gestion des déchets, références comparables. Il complète le prix, que l'entreprise chiffre à part dans son DPGF ou son acte d'engagement.
Dans une consultation structurée, il porte la valeur technique de l'offre. Les offres sont notées sur plusieurs critères, dont le prix et la valeur technique, chacun avec une pondération annoncée dans le règlement. Le mémoire technique alimente la note technique ; il peut aussi devenir contractuel si le marché prévoit que l'entreprise s'engage sur ce qu'elle y décrit.
Dans un marché privé de petite taille, il se réduit à quelques pages, voire à une note jointe au devis. Dans un marché public ou une opération complexe, il est un exercice à part entière, dont la qualité départage souvent les candidats.
À ne pas confondre
- Mémoire technique et note de méthode : la note de méthode est un document court, joint à un devis ; le mémoire technique répond point par point aux critères d'une consultation structurée.
- Mémoire technique et mémoire en réclamation : ce dernier est le document par lequel une entreprise conteste, après coup, un décompte ou une décision du maître d'ouvrage.
- Mémoire technique et dossier de références : les références, c'est-à-dire des chantiers comparables déjà réalisés, nourrissent le mémoire mais ne le remplacent pas.
À quoi ça sert
- Se différencier du prix : une méthode bien pensée rassure le maître d'ouvrage sur le délai et la qualité.
- Montrer que l'on a compris le chantier : contraintes d'accès, site occupé, phasage, coactivité.
- Rassurer sur l'exécution : équipe nommée, moyens disponibles, plan de sécurité, gestion des déchets.
- Créer des engagements que l'on pourra tenir et que le client pourra vérifier.
Exemple concret
Un maître d'ouvrage consulte trois entreprises pour la rénovation d'un étage de bureaux en site occupé. Le règlement note les offres sur 100 : 60 points pour le prix, 40 pour la valeur technique, dont la méthode et le phasage (20), les moyens humains et matériels (10) et la gestion des déchets et de l'environnement (10) (valeurs données à titre d'illustration).
L'entreprise A, la moins chère à 100 000 € HT, obtient 60 points de prix et 24 points techniques, soit 84. L'entreprise B, à 105 000 € HT, obtient 60 × 100 ÷ 105 = 57,14 points de prix et 36 points techniques grâce à un mémoire précis sur le phasage nocturne, soit 93,14. B l'emporte, avec un prix supérieur de 5 %, parce que son mémoire a convaincu sur le point qui préoccupait le maître d'ouvrage : travailler sans arrêter l'activité. Si l'on retire l'écart de prix, la différence se joue donc sur dix pages écrites avec soin, plutôt que sur dix lignes de bordereau.
Erreurs fréquentes
- Recycler un mémoire générique, qui ne parle ni du site, ni des contraintes, ni de l'équipe de ce chantier.
- Ignorer les critères du règlement : ce qui n'y répond pas ne rapporte aucun point.
- Dépasser la longueur imposée, au risque de voir les pages en trop ignorées.
- Promettre ce qu'on ne peut pas tenir : équipe, matériel ou délai irréalistes.
- Se contredire entre le mémoire, le planning et le prix.
- Omettre les références comparables, qui rassurent plus qu'une liste de qualités.