Définition
Le coefficient de vente, noté K, est le facteur qui fait passer du déboursé sec d'un ouvrage à son prix de vente HT : prix de vente = déboursé sec × K. Il rassemble ce que le déboursé ne contient pas : les frais de chantier non imputés ligne à ligne, la part des frais généraux, la marge visée et une provision pour aléas.
Il existe deux manières de le construire, selon la base choisie pour exprimer les pourcentages. Si les frais généraux, la marge et les aléas sont exprimés sur le prix de vente, K vaut 1 divisé par (1 moins la somme de ces pourcentages). S'ils sont exprimés sur le coût, on multiplie les facteurs successifs : K = (1 + frais généraux) × (1 + marge). Les deux donnent des résultats différents pour des pourcentages affichés identiques : il faut donc savoir sur quelle base on raisonne.
À ne pas confondre
- Coefficient de vente et coefficient de majoration : le second désigne souvent une simple majoration sur le prix d'achat d'une fourniture revendue, sans main-d'œuvre.
- Coefficient de vente et taux de marque : le coefficient s'applique au coût, le taux de marque se lit sur le prix de vente.
- Coefficient de vente et coefficient de chute : le coefficient de chute majore une quantité de matériaux (acheter 22 m² pour en poser 20), pas un prix.
À quoi ça sert
- Transformer un coût en prix sans reprendre chaque ligne : le coefficient est un raccourci fiable quand il a été calculé sérieusement.
- Fixer une politique de prix cohérente d'un devis à l'autre, au lieu de décider chaque fois à l'intuition.
- Mesurer l'effet d'une remise : à coefficient 1,40, une remise de 10 % ramène le prix à 1,26 fois le coût, et la marge sur coût tombe de 40 % à 26 %.
- Détecter un prix trop bas : un chantier dont le prix passe sous le coefficient de couverture des frais généraux entame le résultat.
Exemple concret
Une entreprise de peinture évalue ses frais généraux à 18 % du prix de vente, vise 7 % de marge et provisionne 3 % d'aléas (valeurs données à titre d'illustration).
- Total à couvrir : 18 + 7 + 3 = 28 % du prix de vente.
- Le déboursé sec représente donc 72 % du prix de vente.
- Coefficient : 1 divisé par 0,72, soit environ 1,39.
Pour un déboursé sec de 10 000 €, le prix de vente HT est de 13 889 €. La marge brute vaut 3 889 €, soit 28 % du prix de vente, alors que le coefficient laisse croire à « 39 % de marge ». Cette différence entre taux sur coût et taux sur prix est la confusion la plus répandue.
Erreurs fréquentes
- Reprendre un coefficient trouvé en ligne sans l'avoir recalculé avec ses propres frais généraux.
- Confondre coefficient et taux de marge : 1,39 ne signifie pas 39 % de marge sur le prix.
- Appliquer le même coefficient à tout : fourniture, main-d'œuvre et sous-traitance ne portent pas les mêmes frais.
- Majorer deux fois : coefficient plein sur une ligne de sous-traitance déjà vendue avec marge par le sous-traitant.
- Ne pas réviser le coefficient quand les frais généraux montent, par exemple après une embauche.
- Descendre sous le coefficient plancher sur un chantier d'appel, sans compensation prévue.
Dans Corsala
Corsala ne vous impose aucun coefficient et ne calcule pas le vôtre : vous le tenez dans votre bibliothèque de prix, où chaque prestation porte le prix de vente que vous avez choisi. Studio Lia chiffre ensuite avec ces prix, et le suivi du chantier met en regard le budget du devis et le réalisé, pour vérifier que le coefficient tient dans les faits.