Définition
Le métré est la mesure des ouvrages d'un projet. On relève des surfaces (m²), des longueurs (ml), des volumes (m³) et des nombres d'éléments, soit à partir des plans (on parle de métré sur plan), soit directement sur place (relevé de l'existant), soit à l'avancement du chantier pour établir les quantités à payer. Le mot désigne à la fois l'opération et le document qui la consigne.
On distingue trois moments. Le métré avant travaux (ou avant-métré) sert à chiffrer et à consulter les entreprises. Le métré de réalisation relève ce qui a été exécuté, pour régler un marché au métré. Le métré contradictoire est vérifié par les deux parties et tranche un désaccord.
Pour que deux personnes obtiennent les mêmes quantités, il faut une règle de mesure : comment traiter les ouvertures, les retombées, les angles, les arrondis. Ces règles varient selon les corps d'état ; elles sont parfois reprises dans le CCTP ou dans les documents techniques de référence. À défaut, la règle retenue doit figurer dans le devis.
À ne pas confondre
- Métré de travaux et mesurages légaux : la surface privative d'une vente en copropriété (loi Carrez) et la surface habitable d'une location répondent à des règles légales propres. Le métré d'un lot de travaux suit les règles du corps d'état.
- Surface au sol, surface de plancher et surface de mur : trois quantités différentes, pour trois usages différents.
À quoi ça sert
- Chiffrer : sans quantités fiables, un prix unitaire ne vaut rien.
- Consulter les entreprises sur un quantitatif commun, pour que les offres soient comparables.
- Contrôler un devis reçu, en vérifiant ses surfaces par sondage.
- Régler un marché au métré, ou une situation de travaux fondée sur les quantités exécutées.
Exemple concret
Chambre de 3,60 m sur 4,20 m, hauteur sous plafond de 2,50 m (valeurs données à titre d'illustration) :
- surface au sol : 3,60 × 4,20 = 15,12 m² ;
- périmètre : 2 × (3,60 + 4,20) = 15,60 ml ;
- murs avant déductions : 15,60 × 2,50 = 39,00 m² ;
- à déduire, une porte de 0,90 × 2,04 (1,84 m²) et une fenêtre de 1,20 × 1,35 (1,62 m²) ;
- surface de murs à peindre : 39,00 − 3,46 = 35,54 m², et 15,12 m² de plafond.
Si le devis annonce 39 m² de murs sans déduire les ouvertures, il surévalue de près de 10 % : le client ou le concurrent s'en apercevra.
Erreurs fréquentes
- Mesurer sur un plan sans contrôler l'échelle : une impression « ajustée à la page » rend la mention d'échelle fausse.
- Travailler sur une version périmée du plan, alors que les cloisons ont bougé.
- Oublier les compléments : ragréage sous un parquet, plinthes, joints, étanchéité sous une douche.
- Omettre les chutes quand on commande : la surface posée n'est pas la surface achetée.
- Ne pas fixer de règle de déduction des ouvertures, source de litige à la facture.
- Ne pas conserver le support : plan, version et tracé disparaissent, et l'on ne peut plus justifier le chiffre.
Dans Corsala
Vous mesurez directement sur le plan PDF de l'architecte : vous calez l'échelle, vous tracez surfaces, longueurs et quantités, et chaque mesure devient une ligne de devis qui garde son tracé. Un bouton sur chaque ligne rouvre le plan sur la mesure d'origine, ce qui règle vite la question d'un client qui doute d'une surface. Voir le métré sur plan PDF.