Définition
Le devis quantitatif estimatif (DQE, parfois « détail quantitatif estimatif » dans le vocabulaire des marchés publics) est un document chiffré qui décompose un projet en ouvrages. Chaque ligne porte une désignation, une unité, une quantité estimée et un prix unitaire ; le montant de la ligne est leur produit, et la somme des lignes donne le coût prévisionnel.
Le mot « estimatif » compte : les quantités sont une prévision, pas un engagement. Dans un marché à prix unitaires, ou « au métré », l'entreprise est payée sur les quantités réellement exécutées, mesurées pendant le chantier, aux prix unitaires convenus. Le DQE fixe donc des prix et un ordre de grandeur, pas un total définitif.
Il ne faut pas le confondre avec ses voisins. Le BPU liste des prix sans quantités. Le DPGF décompose un prix global et forfaitaire qui ne varie pas avec les quantités. Le DQE, lui, associe quantités estimées et prix unitaires.
Deux usages du même mot
Dans un marché public, le DQE est établi par le maître d'œuvre, puis chiffré par chaque candidat avec ses prix unitaires. Dans un marché privé, l'expression désigne plutôt le devis d'une entreprise qui indique ses quantités estimées et se réserve de les ajuster au métré final. Dans les deux cas, la question à poser est la même : qui garantit les quantités, et comment les mesure-t-on au moment de payer ?
À quoi ça sert
- Estimer le budget d'une opération avant de consulter les entreprises, par exemple au stade de l'avant-projet.
- Donner à chaque entreprise le même quantitatif, pour que les offres soient comparables ligne à ligne.
- Suivre l'exécution : à chaque situation de travaux, on compare les quantités réalisées aux quantités estimées.
- Régler un marché au métré, quand l'ampleur exacte des travaux n'est pas connue au départ (terrassement, démolition, réfection de voirie).
Exemple concret
Lot carrelage d'un appartement, estimé avant consultation (montants donnés à titre d'illustration) :
| Désignation | Unité | Quantité estimée | PU HT | Montant HT |
|---|---|---|---|---|
| Ragréage autolissant | m² | 48 | 18 € | 864 € |
| Carrelage grès cérame 60 × 60, pose collée | m² | 48 | 62 € | 2 976 € |
| Plinthes assorties | ml | 42 | 14 € | 588 € |
| Joints et barres de seuil | forfait | 1 | 220 € | 220 € |
Le coût prévisionnel est de 4 648 € HT. Au métré final, on mesure 51 m² de sol au lieu de 48. Le ragréage passe à 918 € et le carrelage à 3 162 € : le lot coûte 4 888 € HT, soit 240 € de plus, parce que chaque mètre carré supplémentaire est payé 18 + 62 = 80 €. Le prix unitaire n'a pas bougé ; seule la quantité a changé.
Erreurs fréquentes
- Prendre les quantités pour un engagement : l'estimation de départ n'est pas garantie, ni par le maître d'œuvre ni par l'entreprise.
- Ne pas définir la règle de mesure : sans convention sur les déductions d'ouvertures ou les arrondis, le décompte final se dispute.
- Comparer des DQE d'entreprises avec des quantités différentes : la moins chère l'est parfois seulement parce qu'elle a compté moins.
- Oublier les ouvrages induits : ragréage sous un revêtement, évacuations, protections.
- Laisser les unités floues : un prix au « forfait » dans un marché au métré masque une quantité.
- Ne pas prévoir de seuil au-delà duquel les écarts de quantités déclenchent un avenant.
Dans Corsala
Corsala ne produit pas de DQE à proprement parler. Vous mesurez sur le plan PDF, le générateur de CCTP exporte un cadre de DPGF au format Excel que vous complétez, et vous envoyez un lot à plusieurs entreprises avec les pièces utiles : leurs offres, en total global ou ligne par ligne, s'alignent dans un comparatif. Voir la consultation des sous-traitants.