Définition
Le déboursé sec (DS) désigne le coût direct d'un ouvrage ou d'un chantier pour l'entreprise. Il regroupe quatre familles de dépenses : la main-d'œuvre (heures passées, au coût horaire chargé), les matériaux et fournitures (chutes et pertes comprises), le matériel (location, amortissement, consommables) et la sous-traitance directement liée à l'ouvrage. Il exclut les frais généraux de l'entreprise, la marge et les aléas.
Le terme vient du vocabulaire du bâtiment : « sec » signifie « sans rien d'autre ». On le distingue du prix de revient, qui ajoute les frais de chantier et une part des frais généraux, et du prix de vente, qui ajoute la marge. L'enchaînement est simple : déboursé sec, puis coefficient de vente, puis prix de vente HT.
À ne pas confondre
- Déboursé et débours : en comptabilité, les débours sont des sommes avancées pour le compte d'un client et refacturées à l'identique (frais de greffe, par exemple). Rien à voir avec le déboursé sec d'un chantier.
- Déboursé sec et coût complet : le premier s'arrête aux dépenses directes. Le coût complet y ajoute une part des frais généraux.
- Déboursé sec d'un ouvrage et dépenses d'un chantier : le premier se calcule à l'unité (par m², par ml) et sert à bâtir une bibliothèque de prix ; le second additionne tout ce que le chantier a coûté.
À quoi ça sert
- Fixer un prix de vente qui couvre les frais de structure et laisse un résultat, au lieu de recopier le prix du voisin.
- Comparer le prévu et le réel : un chantier dont le déboursé réel dépasse le déboursé estimé a perdu de la marge, même si le client a payé tout le devis.
- Négocier en connaissance de cause : on sait jusqu'où descendre une remise avant d'entamer les frais généraux.
- Repérer les postes déficitaires d'une bibliothèque de prix, et les corriger avant le prochain devis.
Exemple concret
Pose de 20 m² de carrelage de sol (valeurs données à titre d'illustration) :
| Composante | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Carrelage | 20 m² + 10 % de chutes = 22 m² × 28 € | 616 € |
| Colle, joints, croisillons | forfait | 120 € |
| Main-d'œuvre | 0,7 h/m² × 20 m² = 14 h × 38 € de coût horaire chargé | 532 € |
| Matériel (coupe, malaxeur, usure) | forfait | 40 € |
| Déboursé sec | 1 308 € |
Avec un coefficient de vente de 1,45, le prix de vente HT atteint 1 896,60 €, soit environ 94,83 € le m². Si le chantier prend finalement 18 heures au lieu de 14, le déboursé sec grimpe de 152 € et la marge fond d'autant : c'est cet écart que le suivi cherche à voir tôt.
Erreurs fréquentes
- Oublier les chutes et les pertes : on achète 22 m² pour en poser 20, et on facture comme si l'on en avait acheté 20.
- Prendre le salaire brut pour le coût d'une heure, alors que les charges, les congés, les intempéries et les équipements pèsent lourd.
- Ignorer les temps annexes : approvisionnement, trajets, protections, nettoyage, évacuation des déchets.
- Confondre déboursé sec et prix de revient, puis appliquer à la fois des frais généraux dans le déboursé et dans le coefficient : ils comptent deux fois.
- Ne pas actualiser les prix des fournisseurs, alors que le devis les fige pour plusieurs mois.
- Bâtir toutes ses lignes sur la même productivité, alors qu'un étage sans ascenseur ou un support dégradé double le temps de pose.
Dans Corsala
Dans Corsala, chaque ligne de devis reprend le prix de votre bibliothèque, calculé avec votre propre déboursé et votre propre coefficient : Studio Lia ne propose aucun prix, et un montant estimé par l'IA, dans un avenant pré-rempli, reste à valider par vous. Une fois le chantier lancé, la carte du chantier affiche le budget du devis, le réalisé, le payé et la marge brute, pour confronter le prévu au réel au fil des semaines.