Définition
L'escompte a deux sens, qu'il faut toujours distinguer.
L'escompte commercial, ou escompte pour paiement anticipé, est une réduction de prix qu'un fournisseur accorde à son client lorsque celui-ci paie avant l'échéance prévue. Entre professionnels, la facture doit indiquer les conditions d'escompte applicables en cas de paiement à une date antérieure à l'échéance, y compris pour préciser qu'il n'y en a pas (« pas d'escompte pour paiement anticipé »). L'escompte récompense la rapidité de règlement ; il ne modifie pas le prix convenu.
L'escompte bancaire est une opération de financement : une entreprise remet à sa banque un effet de commerce, comme une lettre de change, avant son échéance, et la banque lui avance le montant, diminué d'agios (intérêts et frais). Il n'a pas de rapport avec une réduction de prix.
À ne pas confondre
- Escompte et remise commerciale : la remise réduit le prix à la vente, l'escompte réduit le paiement si le client règle plus tôt.
- Escompte et délai de paiement : le délai est le temps accordé pour payer, l'escompte une réduction si l'on paie avant la fin du délai.
- Escompte et pénalités de retard : l'un récompense l'avance, les pénalités sanctionnent le retard.
La rédaction exacte des mentions, et le traitement de l'escompte au regard de la TVA, se vérifient avec votre expert-comptable.
À quoi ça sert
- Encaisser plus vite : une entreprise qui a besoin de trésorerie peut encourager le paiement rapide.
- Fidéliser un client sérieux, en lui offrant un avantage pour son règlement rapide.
- Réduire le risque d'impayé : une facture payée à huit jours ne se relance pas.
- Se financer sans passer par une banque, quand le coût de l'escompte reste inférieur à celui d'un crédit.
Exemple concret
Une entreprise de plomberie facture 10 000 € HT avec des conditions de règlement à 30 jours. Elle propose un escompte de 1,5 % pour un règlement sous huit jours (valeurs données à titre d'illustration) :
- le client qui paie à huit jours règle 9 850 € HT au lieu de 10 000 €, soit 150 € de moins ;
- l'entreprise encaisse 22 jours plus tôt ;
- le coût annualisé de cet escompte se calcule ainsi : (1,5 ÷ 98,5) × (365 ÷ 22) ≈ 25 % par an.
À ce niveau, l'escompte coûte plus cher qu'un découvert ou qu'un crédit de trésorerie ordinaire. L'entreprise a donc intérêt à le réserver à des clients de volume ou à des périodes de tension, plutôt qu'à l'afficher sur toutes ses factures.
Erreurs fréquentes
- Accorder un escompte sans le prévoir dans les conditions de règlement : le client le prend ensuite d'office.
- Oublier la mention sur la facture, y compris « pas d'escompte » quand il n'y en a pas.
- Ne jamais calculer le coût annualisé : un escompte de 2 % paraît faible mais peut dépasser 14 % par an.
- Confondre escompte et remise, et traiter les deux de la même façon en comptabilité.
- Laisser le client choisir seul de déduire l'escompte après l'échéance.
- Mélanger escompte commercial et escompte bancaire dans une conversation avec son banquier ou son comptable.
- Ne pas dater la limite : « paiement rapide » ne dit pas jusqu'à quel jour l'escompte reste valable ; indiquez une date ou un nombre de jours.
- Oublier d'écrire l'écart : une facture de 10 000 € HT réglée 9 850 € doit être rapprochée de son paiement, sinon la différence reste en suspens en comptabilité.